Archives pour août 2016

Pour mon premier ultra en montagne, l’UTMB 2016 fut magique !

Je vais essayer de faire un peu moins long que ma course pour vous conter mon premier UTMB….mais ce ne sera pas facile tant cette course a été intense !

Cet UTMB faisait suite à 2 semaines de vacances à la montagne, bercées au rythme des randos avec la famille. Le stress commence sérieusement à monter entre le lundi et le mercredi, jour de retrait du dossard et de la découverte de Chamonix. En effet, l’UTMB c’est the Big Course… les contrôles au niveau du retrait du dossard sont impressionnants ! On se croirait dans un aéroport… après une petite visite de la mer de Glace et un grand tour dans Chamonix, me voilà à Morillon avec … comment dire… la grosse pétoche !!!! L’attente jusqu’à vendredi 18h est longue et dixit ma famille, j’ai l’air bien bien stressée… Ils se font des films, je pense ! On cale avec Nico, les lieux où il sera présent avec les enfants sur le parcours car des bus sont mis en place par l’orga et ça évitera sans doute les difficultés qu’il a eu à la Maxi-Race pour me suivre en voiture.

Vendredi 18h, le départ est lancé… j’ai les larmes aux yeux et je ne suis pas sûr que ce soit par bonheur… j’ai vraiment peur de l’inconnu : 170 km, 10000 m d+ et sûrement une quarantaine d’heures de course !!!! C’est parti ! On m’a bien prévenu de ne pas partir trop vite sur les 8 premiers kilomètres de plat et sans difficulté… d’autant plus qu’il fait encore très très chaud. Je me cale juste en dessous de 10 km/h mais ça part dans tous les sens… pas grave, il ne faut surtout pas s’enflammer ! Arrivée aux Houches, la petite famille est là et ma puce court 500 m avec moi, le top car ils ne devaient être présent qu’ au ravitaillement d’après. Je reste sur le rythme prévu sur mon roadbook jusqu’à Saint Gervais (km 21), mais me suis fait doubler à tout va !!! Je me dis alors que ça va vraiment être dur vu le niveau des gens autour de moi… Hélas arrive ce qui est assez récurrent chez moi… le mal de bide !!! Impossible de manger ni de boire et on est qu’au 25 ème kilomètres. Je passe par tous les états en me disant que je vais aller jusqu’où je peux mais qu’il est évident que je ne pourrai pas finir car jusqu’ici à chaque fois que j’ai été malade sur un trail, je l’ai été jusqu’à la fin. Je vomis 3, 4 fois… l’eau ne passe pas… et sur la montée de la croix du Bonhomme, je suis obligée de m’arrêter une dizaine de fois et attendre que les douleurs soient moins fortes. A 50 m du haut du col, les secouristes me voyant allongée, viennent vers moi et me disent qu’il y a une tente avec un doc et qu’il va pouvoir me conseiller. Le doc me donne un Vogalen et spafon et me demande de m’hydrater par petites gorgées. Je repars en espérant aller mieux et décide de mettre ma musique afin de me focaliser sur autre chose.

Une nouvelle course commence !!! Youpi !!! Je vais beaucoup mieux à partir des Chapieux (km 49) et le moral revient ! Je sais que je ne reverrai la famille qu’au ravitaillement de Courmayeur (km 80) et me donne ce point en ligne de mire, en sachant aussi que ce sera presque la mi-course. La pêche est là et j’enchaîne bien les montées… biensûr n’étant pas une technicienne des descentes, j’y suis moins à mon aise ! Courmayeur, j’y suis ! La fin de nuit s’est bien passée, je ne suis pas trop fatiguée. Nico et les enfants sont là… changement de chaussettes, tee-shirt, je mange un peu de sushis, refais le plein de carburant (le carburant est depuis une vingtaine de kilomètres : 1 flasque d’eau, 1 flasque de coca, 1 flasque de thé chaud sucré et 1 dernière flasque pour me mouiller). Je suis bien dans ma course, et me remémore avec Nico dans quel état pitoyable j’étais à la Maxi Race au même stade de course … ça me booste et je me dis que finalement j’ai beaucoup appris sur cette Maxi-Race et notamment sur les limites que je pouvais atteindre. La journée du samedi se déroule sous un cagnard et au moindre ruisseau, je m’asperge d’eau ! Je commence à voir des personnes s’allonger sur le bas côté pour faire des siestes. Étonnement, je ne ressens pas la fatigue et surtout je n’ai pas du tout mal aux jambes ! Quel pied ! Je me dis que ça ne peut pas durer et qu’il faut être vigilante. La montée du Grand col Ferret est interminable sous cette chaleur ! Je m’étonne de courir encore toutes les descentes et le plat… Enfin courir… en regardant ma montre je constate que je cours à 5,9 km/h !!! J’entends l’orage au loin dans la descente jusqu’au ravitaillement de la Fouly… Je déteste l’orage quand je suis tranquillement chez moi, alors là, c’est le gros stress !!! Je repars donc de la Fouly ( km 110) remontée à bloc mais les écarts entre les coureurs se creusent et nous ne courons plus tous groupés comme la première nuit. Le tonnerre gronde, la pluie arrive, je flippe et vois au loin un concurrent…je tape un sprint (enfin peut être du 8 km/h!) pour le récupérer : « sorry, I hate…. » Et lui imite les éclairs. En effet, je suis très étonnée car depuis le début de la course, je suis avec très peu de Français. En revanche, je suis entourée de Chinois, Italiens, Espagnols et s’est donc tout naturellement que j’ai sorti mon anglais ultra parfait !!! Et là, il me répond :  » te fatigue pas, je suis français ! » La honte, mais bon, bien contente d’avoir un compagnon de route français pour échanger pendant ce début de nuit. Il m’explique qu’à Champex (km 124) dans 14 km, il va dormir 1/2 heure. Je ne suis pas encore fatiguée et décide donc de continuer ma route. Je m’ habille chaudement car pour le coup, j’ai froid, donc gants, bonnet, haut et bas manches longues sont de sortie. Je reprends des places et ne m’inquiète plus des barrières horaires.

Arrivée à Trient (km 141), Nico m’y attend, les enfants eux dorment dans la voiture…il est 4 heures du mat. J’ai des hallucinations qui m’amusent entre les champignons géants et les chiens ! La fatigue commence à se faire sentir car dans les montées j’ai l’impression de dormir debout. C’est pourquoi je demande à Nico de me réveiller après 5 min de sommeil. C’est fou, j’aurai jamais cru m’endormir si vite et que ça me fasse autant de bien ! Je repars. Il ne me reste que 29 km et deux grosses patates. Je me dis enfin que si je n’ai pas de problème physique, je serai finisher de l’UTMB ! Je sais aussi que je reverrai Nico à Vallorcine (km 151) et que c’est un grand soutien que d’avoir sa famille dans ces moments. La patate entre Trient et Vallorcine se passe très bien et je suis même étonnée qu’elle soit passée si vite ! Arrivée au ravito, Nico me masse les trapèzes car j’ai une bonne douleur côté gauche, mais j’ai surtout très mal sous les 2 pieds. Je n’ose pas enlever mes chaussettes car j’imagine des ampoules énormes qui se déchirent ( au final, ce ne seront que des plis de peau dus à l’humidité). Je continue de m’alimenter correctement et de bien boire… quelle victoire pour moi d’être revenue d’un état déplorable du début de course à cette sensation de profiter de sa course et surtout d’en être maître ! Le classement m’importe peu à ce moment là , je ne l’ai d’ailleurs jamais demandé, mais j ai continuité à faire le maximum pour grapiller des places !

Dernière difficulté : la montée de la tête aux vents avant d’entamer la descente vers Chamonix. Dure, très dure en plein soleil… mais quand tu sais que c’est la dernière, les émotions t’envahissent et tu te sens pousser des ailes ! Il était même marrant d’observer le comportement des traileurs en haut de ce dernier col. L’impression qu’il n’y avait plus de compétition, et qu’on souhaitait profiter de la vue car ensuite c’était vraiment fini. Bon, arrivé à la Flégère (km 162), on est tous retourné dans le vif du sujet pour entamer cette dernière descente !! Des stratégies différentes : les A fond pleine balle, les Je marche car j’ai trop mal partout et les Je descends tranquillement car je ne veux pas prendre de risque, ce serait dommage de se planter là maintenant…je fais partie de ce groupe ! L’arrivée à Chamonix est grandiose, nous sommes encouragés, applaudis, un truc de fou. D’ailleurs il faut signaler que c’est le cas tout le long de la course que ce soit en France, en Suisse ou en Italie ! On est accueilli en héros. Eleejah m’attend pour courir les 300 derniers mètres et à 50 m de l’arrivée Nico et mon gros Iron passent également l’arrivée avec moi ! Du soulagement, de la fierté s’emparent de moi ! Je l’ai fait ! J’ai vécu une superbe aventure longue de 41h et 44 minutes ! On risque de m’y reprendre encore !

Étonnement, très peu de courbatures le lendemain. Quelques douleurs aux genoux et au niveau des orteils, mais celà ne m’a pas empêché de partir en rando et de fêter ça le soir ! En tous cas, merci encore une fois pour vos encouragements, ça fait vraiment du bien dans les coups de moins bien ! Et puis surtout merci à mon coach Fred Jay … Tes plans sont toujours au top ! Et biensûr à ma famille qui me soutient autant qu’elle flippe !

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Entre excitation, stress, envie, terreur…mon coeur balance !

A J-15, les émotions oscillent !
Le plus gros de l’entrainement est passé … et sans blessure !

J’ai travaillé le dénivelé, mon alimentation qui m’a fait défaut sur mes derniers trails longs en montagne ainsi que l’enchainement des kilomètres avec de nombreux blocs de 80 bornes le week-end depuis juin … j’en connais d’ailleurs certains qui vont être contents de retrouver leur maman et femme quand cette UTMB sera passé !

Le stress est donc bien là avec cette peur de l’inconnu, car malgré ma petite expérience en ultra, j’ai l’impression que l’UTMB va avoir une saveur particulière !
En effet, le MDS m’a permis de connaître les ultras par étapes mais je n’y ai pas couru plus de 15 h d’affilée … et il en est de même pour mes autres courses ou je n’ai jamais dépassé les 17 h de course, 5200 m D+ et 118 km !
Je serai donc en total inconnu avec ces 170 km, 10000 m D+, une quarantaine d’heures et donc 2 nuits sans dormir !
….et pour quelqu’un qui est loin d’être insomniaque, je me demande bien comment je vais gérer le manque de sommeil !

J’espère alors que le mental prendra le dessus … et qu’il n’y aura pas de Tragédie du dossard 705 !

En attendant, direction les vacances à Morillon-Samoëns pour de belles randos en famille !


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